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Effectivement, la loi Montagne prévoit que du 1er novembre de l’année en cours et jusqu’au 31 mars de l’année suivante, les automobilistes doivent disposer d’un équipement hivernal adapté dans certaines communes de 34 départements situés dans les massifs des Alpes, des Pyrénées, du Jura, des Vosges, du Massif central et de Corse. Attention toutefois : toutes les communes de ces départements ne sont pas concernées. Les zones soumises à cette obligation sont définies par arrêté préfectoral et signalées par des panneaux routiers sur lesquels sont représentés une montagne, une mallette contenant des chaînes et un pneu hiver (B58 pour l’entrée sur la zone et B59 en fin de zone). L’objectif est double : améliorer la sécurité des automobilistes en période hivernale et éviter que des véhicules mal équipés ne bloquent la circulation sur les routes enneigées ou verglacées. La mesure concerne les voitures particulières, les véhicules utilitaires, les camping-cars, les bus, les autocars et les poids lourds.
Contrairement à une idée reçue, il n’est pas obligatoire d’acheter des pneus hiver pour circuler dans ces zones. Les automobilistes disposent de deux possibilités : équiper leur véhicule de quatre pneus hiver homologués ou conserver à bord des dispositifs antidérapants amovibles, comme des chaînes ou des chaussettes à neige, permettant d’équiper au moins deux roues motrices.
Pour être reconnus comme équipement hivernal à part entière, les pneus doivent porter le marquage 3PMSF, représenté par une montagne à trois sommets et un flocon de neige. Ce symbole atteste que le pneumatique a satisfait à un test normalisé d’adhérence sur neige. Les pneus quatre saisons peuvent donc convenir, à condition de présenter ce marquage. Les pneus portant uniquement l’inscription M+S ne suffisent plus à eux seuls.
Les poids lourds avec remorque ou semi-remorque doivent, quant à eux, disposer de dispositifs antidérapants amovibles pour au moins deux roues motrices, même lorsqu’ils sont équipés de pneus hiver.
Que risque-t-on en cas d’absence d’équipement ? C’est le point qui prête le plus à confusion. Si l’obligation d’équipement est entrée bien en vigueur, son non-respect n’est pas, à ce jour, verbalisable sur ce seul fondement, car le décret d’application n’a pas été publié au Journal Officiel. Dans une réponse publiée le 12 février 2026 au Sénat, le ministère de l’Intérieur a précisé que le décret nécessaire à l’application des sanctions n’avait pas été publié. L’amende de 135 euros, souvent évoquée, ne doit donc pas être présentée comme une sanction automatiquement applicable au titre de la loi Montagne.
Attention cependant : une situation différente se présente lorsque la signalisation impose effectivement le port de chaînes. Sur une route enneigée, le panneau B26 peut rendre leur utilisation obligatoire, sauf si le véhicule dispose d’un équipement reconnu comme équivalent dans les conditions prévues par la réglementation. Le non-respect de cette signalisation peut alors être sanctionné.
Au-delà de la réglementation, rouler sans équipement adapté peut s’avérer dangereux. Sur une chaussée froide, enneigée ou verglacée, les pneus hiver améliorent l’adhérence et contribuent à réduire les distances de freinage. Ils sont particulièrement utiles lorsque les températures passent sous les 7 °C. Avant un départ en montagne, mieux vaut donc vérifier les communes traversées, contrôler le marquage de ses pneus et s’assurer que les chaînes ou les chaussettes sont compatibles avec son véhicule. Car si l’amende n’est pas systématique, les risques liés à une perte d’adhérence, eux, sont bien réels.
La Rédaction de la Tribune www.tribune-auto-ecoles.fr